Vers la PréfaceLettre aux parentsMultimédia et éducation

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Chers parents,

En 1994, nous avions écrit les Mystères joyeux de la Vie pour nos propres enfants.  Ils ont depuis confirmé leur utilité.

Nous avions autoédité ce livre sans trop savoir si nous en diffuserions plus d’une douzaine à quelques amis indulgents. Depuis, près de 9000 exemplaires en sont partis sans publicité, ce que nous considérons comme un miracle. De nombreux parents l’utilisent et nous avons même entendu dire qu’une congrégation religieuse féminine le faisait lire à toutes ses novices !

16 ans plus tard, il reste original, car le seul à présenter dans un langage accessible à des enfants encore jeunes et qui se veut aussi délicat que possible mais très concret, à la fois la réalité charnelle de la conception et sa dimension spirituelle, le sens de la pureté, la vocation d’époux et de parents et celles du célibat consacré.

Or, depuis 1994, l’urgence d’enseigner au plus tôt nos enfants sur ces sujets n’a pas diminué. Les pubs « érotico-chic » s’affichent à tous les coins de rue et internet est la porte d’accès à toutes les turpitudes. La nullité des séries télé s’est confirmée et s’installe souvent dans l’amoralité profonde. De nombreuses BD se présentent « pour les jeunes » et sont ponctuées de scènes érotiques. Les tubes qui tournent en boucle sur les radios et les i-pod sont à frémir. Les jeux les plus vicieux sont pratique fréquente dans les coins obscurs des collèges, sans parler des conversations « banales ». La pilule du lendemain est maintenant en vente libre indépendamment de tout consentement des parents et, accessoirement, de tout avis médical, faisant fi des belles déclarations sur le principe de précaution qui valent pour tout, sauf pour ça ! Aussi, s’il est normal et sain de chercher à protéger nos enfants, ce serait une illusion de croire qu'il suffirait de les mettre sous un cocon : notre cocon sera, au mieux, une passoire.

Si nous voulons transmettre le regard et les valeurs catholiques sur la Vie et l’amour à nos enfants, il faut vraiment nous y prendre tôt, avant l’adolescence, et nous impliquer personnellement sans compter sur personne d’autre que nous mêmes. C’est nous, parents, qui sommes au cœur du mystère qui unit les époux, et si nous pouvons parfois nous faire aider, nous ne pouvons pas nous défausser : c’est notre devoir d’état de parents de former nos enfants en leur parlant de la Vie de façon juste, claire et belle avant que d’autres ne les déforment. Si nous ne le faisons pas « trop tôt », alors il sera trop tard. « Trop tôt » c’est au moins avant le collège pour tous et bien évidemment, avant les premières règles pour les filles.

Ce n’est facile pour qui que ce soit. Si nous avions trouvé cela facile, nous n’aurions pas éprouvé le besoin impérieux d’écrire les « MJV » pour nos propres enfants.

C’est difficile parce que nous n’avons pas appris de nos parents les mots pour en parler.

C’est difficile parce que nous pouvons être tiraillés entre un monde hyper hédoniste et matérialiste, où le corps est une chose dont il faudrait jouir au maximum, et un vieux réflexe « cathare » dans lequel tout ce qui touche au corps serait « sale » et peccamineux.

C’est difficile parce que transmettre, c’est d’abord témoigner, et cela met à l’épreuve notre propre regard vis à vis du mystère de l’amour des époux et de la transmission de la Vie, voulu par Dieu dès le commencement comme image concrète de l’Amour entre les trois Personnes Divines.

C’est difficile parce qu’il ne s’agit pas d’abord de donner des règles morales. Beaucoup de familles ont voulu transmettre à leurs enfants des règles morales sans le support de la Foi, or aujourd’hui nous savons que cela ne passe pas deux générations. Il s’agit de transmettre une vision complète et cohérente, enseignée par l’Eglise, reçue du Christ, sur la création, la fécondité, notre caractère à la fois spirituel et charnel, ce corps intimement lié à notre âme qui n’est pas un mal nécessaire ni un objet de jouissance, mais un chef d’œuvre voulu par Dieu au commencement et dont Dieu vit que cela était « très bon » [Genèse 1].

Oui, le mariage, l’amour délicat et l’union de jeunes époux qui se sont gardés l’un pour l’autre, la fécondité, le début d’une vie nouvelle sont les choses les plus merveilleusement émouvantes et belles de cette Création. C’est un devoir urgent de faire partager cet émerveillement à nos enfants quand Satan veut salir nos âmes et nos regards : il est formidablement jaloux d’un mystère incarné inaccessible aux purs esprits que sont les anges et les démons.

La première étape de notre témoignage est donc d’épurer et de renouveler notre propre attitude et notre propre regard sur nos vies d’épouses et d’époux chrétiens. Nous croyons que ce que nous vivons entre époux dans l’intimité est caché à nos enfants, alors qu’ils y lisent à livre ouvert l’essentiel, c’est à dire ce qui en est l’essence. C’est notre propre comportement entre époux qui est la première école des mystères de la Vie auprès d’eux : approfondir l’enseignement de l’Eglise ; retrouver la grâce du sacrement de notre mariage ; suivre et aimer la morale que l’Eglise propose aux époux, malgré son exigence pratique et concrète, notamment vis à vis de la contraception ; prendre conscience un peu plus chaque jour de ce que l’amour des époux dans toutes ses dimensions, y compris charnelle, est réellement signe sensible et sacré donné par Dieu pour nous rendre palpable Son Amour infini, et s’en émerveiller.

Cet approfondissement de l’amour des époux passe nécessairement par un approfondissement de l’intimité avec les Personnes Divines, et en particulier avec Dieu incarné : Jésus de Nazareth, qui a souffert corps et âme pour nous sauver de l’esclavage du Péché. Quelle est notre vie spirituelle et sacramentelle ? Sommes-nous convaincus que notre vie sur cette terre est pèlerinage en vue du Ciel ? Parmi toutes nos priorités terrestres et celles que nous désirons pour nos enfants, celle qui prime est-elle bien la sainteté ?

Ensuite, il nous faut « dire » explicitement. Les parents ont à transmettre par leur parole. Ce petit livre est une aide, mais ne sera jamais plus que cela. Selon la personnalité de chaque enfant, des parents pourront leur en lire un peu chaque jour, d’autres ne feront qu’y puiser des façons de dire les choses pour les distiller au fil des jours. D’autres parents enfin auront remis le petit livre à chaque enfant à l’âge jugé adéquat. Du fait de la progression des chapitres, l’avancement de l’enfant dans sa lecture sera alors un signe de sa maturité : s’il le dévore d’un bout à l’autre, c’est bien qu’il était plus que temps ! C’est pour qu’il puisse être offert que nous avons spécialement soigné et modernisé la présentation de cette troisième édition. Cette « lettre aux parents » est un tiré-à-part qui peut être soustrait du livre avant de l’offrir.

Mais si vous choisissez de l’offrir, n’omettez surtout pas de le lire avant, et parlez en après avec vos enfants, au fil des jours. Ce livre est une aide, pas un père ou une mère de remplacement.

S'il fallait, en guise de conclusion, encore convaincre quelques parents qui craindraient de faire perdre trop tôt une certaine naïveté à leurs enfants, prenons modèle sur l'éducation menée par Sainte Anne auprès de la Sainte Vierge : celle ci, à quinze ans, totalement pure, entièrement consacrée à Dieu ... et parfaitement instruite ... répond à l'Ange de l'Annonciation : " comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? ", d'une voix claire, franche et nette, sans détour et sans pruderie... sa réponse est lumineuse... de la lumière des enfants de Dieu.

Qu'elle nous aide et nous garde, nous et nos enfants

 

4eme Dimanche de l’Avent, 2010

Catherine et Bernard

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